Emmanuel Macron : le paillasson d’Alger

L’arrestation d’un journaliste sportif, en sus de l’affaire Boualem Sansal, témoigne de la vacuité de la politique algérienne de la France. Emmanuel Macron montre les muscles face à des pays lointains comme la Russie et l’Iran, mais s’avère incapable de faire face à l’Algérie. Et pour cause, si la question algérienne a une dimension diplomatique, elle a surtout des résonances sécuritaires et électorales.

Le vendredi 4 juin, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a accordé la grâce présidentielle à près de 7 000 détenus. Un événement à l’occasion duquel Paris espérait voir l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal libéré. Il n’en a finalement rien été, en dépit des demandes du fondateur des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon.

 

Macron, la riposte molle

 

La déception diplomatique peine à masquer l’incurie de l’exécutif français dans le dossier algérien. Paris ne cesse de parler de « riposte graduée » contre les autorités algériennes, mais c’est bien de l’autre côté de la Méditerranée qu’on mène la danse. Dans le dossier algérien, la peur de Paris ne se situe cependant pas en Afrique du Nord, mais en France, où les binationaux ou Français d’origine algérienne, nombreux, inquiètent au sommet de l’État. Ce vivier est tel que les Insoumis en ont fait une cible de choix pour les élections, relayant, à l’instar de l’ensemble de la gauche, la propagande algérienne anti-française, glorifiant ici et là les terroristes du FLN.

S’il ne s’agit pas d’agiter le chiffon d’un passé pour lequel Paris et Alger ne se réconcilieront jamais – celui-ci constituant le ciment du régime politique algérien, qui ne se construit que par opposition historique à la France – il s’agirait, a minima, de se faire respecter et d’enfin riposter aux provocations algériennes. Emmanuel Macron en est incapable.

 

Retailleau : une sublime porte de sortie ?

 

Ce dossier diplomatique est aussi une affaire de sécurité intérieure, mais il porte également en lui une dimension politique et électorale. Ainsi cohabitent au gouvernement les tenants de la ligne présidentielle molle et Bruno Retailleau, qui fait montre de fermeté dans le dossier. L’affaire algérienne pourrait être le motif idéal pour le ministre de l’Intérieur de claquer la porte en dénonçant la faiblesse du président et de son camp. Il faudra, un jour ou l’autre, que le premier flic de France s’en aille, et un coup d’éclat sur la question de l’Algérie pourrait être une occasion rêvée, d’autant que cela permettrait de séduire une partie des électeurs de droite acquis ou tentés par un vote RN.

 

Olivier Frèrejacques

Président de Liberté politique